Le Parlement, dominé par l’opposition majoritaire, a rejeté vendredi dernier la demande de la branche exécutive de réexaminer les amendements législatifs récents visant à élargir les pouvoirs des parlementaires. Le président de la République Lai Ching-te (賴清德) a prononcé ce matin un discours adressé aux Taïwanais, présentant sa position concernant les amendements législatifs controversés.
Lai Ching-te a déclaré qu’en sa qualité de chef de l’Etat, il saisirait la Cour constitutionnelle pour éclaircir si les amendements en question sont anti-constitutionnels. « C’est à l’élargissement des pouvoirs du Parlement que nous sommes opposés et non à la réforme parlementaire. Certes, le Parlement a besoin de se réformer, mais pas d’élargir son propre pouvoir. Toute réforme parlementaire doit avoir lieu dans le respect de la loi et de la Constitution. Pour défendre l’ordre constitutionnel et les droits des citoyens, je solliciterai l’interprétation des juges constitutionnels et demanderai la suspension de la mise en application des amendements contestés. »
Selon le président, les amendements votés risquent de créer des enchevêtrements de pouvoirs entre les différents organismes politiques, mais aussi de porter atteinte à la vie privée des citoyens. Il a particulièrement souligné le caractère anti-constitutionnel de la demande au président de la République de répondre aux questions des parlementaires dans l’hémicycle. Lai Ching-te a également contesté le vote à bulletin secret au Parlement pour la nomination de certains postes importants de l’administration, qui est pourtant un pouvoir réservé au chef de l’Etat selon la définition de la Constitution.