La controverse autour des sièges prioritaires dans les transports en commun continue d'alimenter le débat public à Taïwan. Deux disputes survenues au cours des deux dernières semaines dans le métro de Taipei et dans un bus de Keelung après que des personnes ont refusé de céder leur place à des personnes âgées. Les protagonistes en sont venus aux mains, ce qui a relancé la réflexion sur la réglementation en matière de sièges prioritaires.
Dans le passé, le métro de Taipei a mené des campagnes pour sensibiliser les usagers au fait que les sièges prioritaires doivent être laissés non seulement aux personnes âgées, handicapées, aux femmes enceintes et aux parents portant aux bras des jeunes enfants mais aussi à toute personne souffrant d'un inconfort particulier, du reste souvent invisible à l'oeil nu.
En revanche, la législation n'a pas évolué et les sièges prioritaires restent, dans le texte, réservés aux trois premières catégories de personnes. Certaines voix se sont élevées pour réclamer l'abandon pur et simple des sièges prioritaires, tandis que d'autres demandent à ce que le nombre de catégories de bénéficiaires soit augmenté.
Aujourd'hui, le ministre de la Santé Chiu Tai-yuan (邱泰源) a tenté d'apaiser le débat en affirmant que le système des sièges prioritaires serait maintenu, mais possiblement sous une nouvelle appellation et avec des nouvelles catégories de bénéficiaires. Le ministre a reconnu que le système des sièges prioritaires devait être amélioré et a déclaré qu'il y avait deux options, à savoir soit changer le nom des sièges, soit élargir les catégories de bénéficiaires en amendant la loi de protection des droits des personnes en situation de handicap.
Chiu Tai-yuan a ajouté qu'il consulterait le ministère des Transports pour étudier les politiques mises en œuvre à l'étranger. Le ministre a aussi partagé son expérience personnelle, affirmant qu'il ne s'était jamais assis sur un siège prioritaire malgré son âge et que les plus jeunes qui se sentent mal ou fatiguées devaient être autorisés à choisir un siège prioritaire.
Notons qu'une proposition d'amendement sur la question a été soumise à la précédente législature mais que l'étude du texte n'a pas été terminée à temps (avant les élections législatives de janvier 2024) et qu'une nouvelle version doit donc de nouveau être débattue au sein de la nouvelle législature.