Le Yuan législatif de Taïwan se prépare à une bataille intense de 15 jours sur le réexamen des lois concernant la réforme (ou l’élargissement des pouvoirs) du Yuan législatif. Hier, le président Lai Ching-te (賴清德) a approuvé la demande du gouvernement de réexaminer plusieurs amendements, notamment la loi sur l'exercice des pouvoirs du Yuan législatif et le Code pénal de la République de Chine. A l’issue des réunions d’aujourd’hui, les parlementaires ont décidé d’aborder ce sujet le 14 et le 18 juin.
Les partis politiques se mobilisent également. Le parti démocrate progressiste (DPP), dirigé par le responsable du groupe parlementaire Ker Chien-ming (柯建銘), affirme qu'il attend de l'opposition majoritaire au Parlement d’étudier calmement les arguments de l'exécutif. Le Premier ministre sera d’ailleurs au Parlement pour expliquer les raisons du réexamen des lois amendées. Si les lois ne sont pas révisées, le DPP s’apprête à demander une interprétation constitutionnelle, car selon le parti plusieurs articles ne sont pas conformes à la Constitution tels qu’ils sont pour l’instant.
Pour sa part, le KMT a demandé au président du Yuan législatif Han Kuo-yu (韓國瑜) de convoquer rapidement des négociations entre les partis. Fu Kun-chi (傅崐萁), chef de file du KMT au sein de l'assemblée législative, a critiqué la demande de la branche exécutive comme une atteinte à l'autonomie du parlement.
Le Parti populaire de Taiwan (TPP), dirigé par Huang Kuo-chang (黃國昌), a rejeté les arguments de l'exécutif et a mis en doute sa crédibilité, l'accusant d'éviter le contrôle législatif. Le TPP a demandé un débat télévisé similaire à celui de 2010 entre Ma Ying-jeou (馬英九) et Tsai Ing-wen (蔡英文) sur l'accord-cadre de coopération économique (ECFA) avec la Chine, afin de discuter des implications de l'amendement et de son réexamen.