Alors que l'armée chinoise mène depuis ce matin des exercices militaires dans plusieurs zones autour de l'île principale de Taïwan et dans les eaux des archipels de Kinmen et de Matsu, le vice-ministre de la Défense taïwanais Po Horng-Huei (柏鴻輝) a livré son analyse de l'objectif chinois.
Selon l'agence de presse d’Etat chinoise Xinhua, les manœuvres de l’Armée populaire de libération (APL) ont débuté ce matin à 7h45 et continueront jusqu'à demain inclus. Il s'agit d'exercices conjoints entre l’armée de Terre, la Marine, l’armée de l'Air de l’APL et la Force des fusées sous le nom de code “Joint Sword-2024A”.
Po Horng-Huei a comparé les exercices en cours à ceux menés début août 2022 après la visite à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi, et a estimé que le but des exercices actuels était, pour la Chine, d'exprimer la souveraineté de Pékin sur la région.
Po Horng-Huei a fait cette estimation en se basant sur le fait qu'en 2022, l'Armée populaire de libération (APL) avait annoncé publiquement les différentes zones aériennes concernées par les exercices de manière précise, en indiquant des zones à navigation interdite, des zones à navigation restreinte, et des zones de tirs de missiles, ce qui n'a pas été fait pour l'opération “Joint Sword-2024A” en cours actuellement.
Le vice-ministre a affirmé que grâce aux services de renseignement qui dépendent du ministère de la Défense, les forces navales et aériennes ainsi que les garde-côtes avaient été préparés de façon adéquate afin de soutenir, si nécessaire, des raids maritimes et aériens visant à répondre à d'éventuels conflits de "zone grise".