Reporter sans frontières (RSF) a publié aujourd’hui son classement mondial de la liberté de la presse 2024. S’il apparaît que la tendance mondiale est au constat d’une pression politique croissante menaçant le journalisme et la liberté de la presse, le classement mondial de Taïwan grimpe de huit places pour occuper le 27e rang mondial.
Si le degré de liberté de la presse à Taïwan est qualifiée de « modèle » en Asie-Pacifique, il n’empêche qu’à peine 28% de la population déclare faire confiance aux médias, le niveau le plus faible de la région Asie-Pacifique, notamment en raison du risque croissant de la désinformation de la Chine.
Le rapport de RSF indique que bien que le paysage médiatique taïwanais soit libre, il existe une forte polarisation politique, une publicité non divulguée, du sensationnalisme et une recherche de profit. Ces raisons entravent le travail des journalistes taïwanais et peuvent influencer l’accès des citoyens à des informations objectives. Le rapport avertit en même temps qu’au cours des dernières décennies, les gouvernements taïwanais successifs n’ont pas pris de mesures concrètes pour améliorer l’indépendance éditoriale des journalistes et encourager les médias à améliorer la qualité du débat public.
Quant à la situation régionale d’ensemble, sur les 32 pays évalués par RSF, 26 accusent une détérioration de la liberté de la presse et du contrôle renforcé de l’information par certaines autorités politiques. A noter que si la Chine gagne sept places, du 179e au 172e rang, RSF précise que la liberté de la presse n’y a pas progressé mais que c’est en raison de la dégradation de la situation dans d’autres pays mal classés.