Le Bureau de la comptabilité nationale (DGBAS) a publié hier, 29 avril, les statistiques concernant la distribution du patrimoine des ménages en 2021, en comparaison avec 1991. Les chiffres montrent que la différence de richesse nette entre les 20% des ménages les plus riches et les 20% des ménages les moins riches a été multipliée par quatre au cours des 30 dernières années.
Autrement dit, en 2021, les 20% des ménages les plus riches détenaient 62,7% de la richesse nationale, soit près de 67 fois plus de richesses que les 20% des ménages les plus pauvres, alors qu’ils détenaient seulement 16,8 fois plus de richesses en 1991. La DGBAS définit la richesse comme la valeur des actifs tels que les biens immobiliers, les véhicules, les actions, en soustrayant la dette des ménages.
Pan Ning-hsin (潘寧馨), chef du département du recensement de la DGBAS, a déconseillé de comparer les résultats de 2021 à ceux d'il y a 30 ans, car les méthodologies de collecte des données diffèrent grandement, les résultats de 1991 reposant sur une enquête tandis que ceux de 2021 reposaient sur des mégadonnées. Néanmoins, il a précisé que l'augmentation des écarts de richesse était un phénomène inévitable dans une société libérale, et que les inégalités demeuraient modérées à Taïwan comparé à d’autres pays.
En 30 ans, le coefficient de Gini de Taïwan est passé de 0,47 à 0,606, reflétant ce creusement des inégalités. Pour mémoire, le coefficient de Gini est compris entre 0 (aucune inégalité) et 1 (inégalités maximales). Toutefois, ce coefficient demeure plus bas à Taïwan qu’en Australie, qu’au Royaume-Uni, qu’au Japon, qu’en France et en Allemagne.
Quant à l’écart de richesse entre les 20% les plus riches et les plus pauvres, près de 67 fois plus élevé à Taïwan, il est inférieur à de nombreux pays occidentaux, dont par exemple la France où l’écart de richesse est 627 fois plus élevé entre les 20% les plus riches et les plus pauvres.