Les groupes civiques ont commémoré hier le soulèvement tibétain de 1959.
Kelsang Gyaltsen Bawa, membre du gouvernement tibétain en exil et l'un des organisateurs de la manifestation, a demandé la fin de l'utilisation des pensionnats d'État par la Chine pour « exterminer » la culture et la langue tibétaines ; les cours y sont exclusivement dispensés en chinois mandarin, et il y est interdit aux élèves d'apprendre l'histoire du Tibet.
Selon l’ONU, en 2023, près d'un million d'élèves tibétains fréquentaient ces pensionnats d'État, qui ont été décrits comme une forme « d'enlèvement et d'assimilation forcée » par le Parlement européen.
Par ailleurs, Kunchok Lhakpa, président de l'Association de la jeunesse tibétaine à Taïwan, a appelé la Chine à interrompre la construction d'un barrage hydroélectrique dans la province du Sichuan, car plusieurs anciens monastères tibétains s’en trouveraient submergés. La police chinoise a arrêté plus d'un millier de personnes qui manifestaient contre le barrage en février, et la grande majorité d'entre elles sont toujours en détention.
M. Lhakpa a déclaré qu'au cours des 65 dernières années, depuis le soulèvement tibétain contre le régime communiste chinois le 10 mars 1959, les Tibétains ne jouissent d'aucune liberté ni d'aucun droit humain, malgré l’ouverture du Tibet que vante le gouvernement chinois.
Li Wen (李問), qui représentait le Parti démocrate progressiste hier, a déclaré que Taïwan et le Tibet étaient confrontés aux mêmes menaces autoritaires de la Chine et qu'ils partageaient les mêmes valeurs démocratiques et l'amour de la paix.
Li Wen a affirmé que l’armée chinoise avait « forcé » les Tibétains à accepter l'accord en dix-sept points un an après son invasion en 1950, mais que Pékin a violé les clauses de l'accord qui stipulaient que la religion et les coutumes devaient être respectées, ce qui a conduit au soulèvement de mars 1959.
A la suite d'une violente répression par le gouvernement chinois, le dalaï-lama Tenzin Gyatso s'est réfugié en Inde, où il a ensuite formé un gouvernement tibétain en exil.
Une commémoration annuelle du soulèvement a lieu à Taipei depuis 2004.