Plusieurs organisations taïwanaises de la société civile, telles que Economic Democratic Union (台灣經濟民主連合) et Taiwan Citizen Front (台灣公民陣線) se sont rendues aujourd’hui, 27 février, devant l’Association pour les échanges touristiques inter-détroit, afin de protester contre l’arraisonnement et l’inspection d’un bateau de tourisme taïwanais par les garde-côtes chinois le 18 février dernier, quatre jours après le chavirement d’un hors-bord chinois qui avait pénétré dans les eaux taïwanaises, poursuivi par les garde-côtes après avoir refusé une inspection, faisant deux victimes.
Selon Lai Chung-chiang (賴中強), à la tête d’Economic Democratic Union, cette inspection chinoise d’un bateau touristique taïwanais, le refus de reconnaître les eaux restreintes autour de l’île taïwanaise de Kinmen, ainsi que le déplacement unilatéral du couloir aérien M503 dans le détroit de Taïwan fin janvier, constituent des provocations de la Chine. Il s’agit selon lui de tentatives pour mettre en place un nouveau statu quo à travers le Détroit de Taïwan et d’empiéter sur la souveraineté du gouvernement démocratiquement élu de Taïwan. Il a ainsi appelé les Taïwanais à suspendre tout projet de voyage non-essentiel en Chine : “Nous exprimons de vives protestations à l’encontre de telles intrusions. Etant donné que nous sommes une organisation de la société civile, notre manière de protester est pacifique. Toutefois, nous proposerons des mesures ciblées spécifiques et concrètes pour cesser les voyages non-essentiels en Chine”.
Lee Ming-che (李明哲), qui a été prisonnier politique en Chine pendant cinq ans pour “subversion du pouvoir de l’Etat”, a déclaré que la Chine ne respectait absolument pas l’état de droit, ni la juridiction souveraine de Taïwan. Il appelle ainsi le gouvernement à faire de son mieux, afin de décourager les Taïwanais de se rendre en Chine et de dialoguer avec les gouvernements étrangers pour qu’ils ne cèdent pas à la pression chinoise de traiter les ressortissants taïwanais comme des Chinois.