Demain marquera le 77e anniversaire du massacre du 28 février 1947 et des mois suivants. Une marche commémorative s’est déroulée le week-end dernier. A cette occasion, les manifestants, qui étaient plus de 500, ont présenté une déclaration appelant le gouvernement et le parlement à avancer sur le chemin de la justice transitionnelle. Ils ont en particulier exhorté Lai Ching-te (賴清德), qui prendra ses fonctions en tant que Président le 20 mai prochain, à poursuivre cette politique et à lui donner toute l’importance qu’elle mérite.
Cheng Chu-mei (鄭竹梅), présidente de la Fondation Nylon Deng (鄭南榕) qui s’était immolé par le feu en 1989 dans sa lutte pour la liberté d’expression, a souligné que cette marche commémorative n’avait pas pour but d’attiser la haine ou de remettre en question l’harmonie sociale, mais de promouvoir la justice, la paix et l’amour. Elle a souligné que certaines personnes ne savaient toujours pas ce qui s’était passé à l’époque et qu’il ne fallait pas avoir peur d’aborder cette page sombre de l’histoire. Elle a également appelé à la poursuite du processus de justice transitionnelle, mis en place lors du premier mandat de la Présidente Tsai Ing-wen (蔡英文) : « Nous appelons à accélérer le travail et le processus législatif sur l’identification et la responsabilisation des auteurs de crimes, y compris l’amendement de la loi organique concernant le Mémorial Chiang Kai-shek. Nous pensons que pour éliminer l’héritage autoritaire, il faut supprimer ses symboles. Regardez, il y a tellement d’avenues qui portent le nom de Chiang Kai-shek et de Chiang Ching-kuo, n’est-ce pas étrange ? N’est-il pas possible de le modifier ? »
Lorsque la marche commémorative est passée devant le Yuan exécutif, les familles des victimes ont appelé les partis politiques, ainsi que le futur Président Lai Ching-te et le nouveau Parlement, à soutenir et valoriser la justice transitionnelle en proposant un calendrier précis des projets de loi pour avancer sur le chemin de la justice transitionnelle.