Le 14 février dernier, un hors-bord chinois a chaviré dans les eaux au large de Kinmen, faisant deux morts sur les quatre passagers tombés à l’eau. Le bateau avait pénétré illégalement dans les eaux taïwanaises et était poursuivi par des garde-côtes taïwanais, après avoir refusé une inspection, lorsque l’accident s’est produit.
Le 17 février, le Bureau chinois des affaires taïwanaises a rejeté l’existence d’un territoire maritime qui serait « interdit » ou « restreint » par Taïwan. La Commission taïwanaise des affaires continentales (MAC) a répondu le lendemain que selon la loi taïwanaise, Taïwan avait le droit de détenir ou d’expulser les bateaux qui s’introduisent dans ses eaux « restreintes » ou « interdites ».
Ce matin, 20 février, le Premier ministre Chen Chien-jen (陳建仁) a confirmé que selon la règlementation taïwanaise concernant les relations interdétroit, Taïwan avait bien des restrictions de navigation entre Xiamen et Kinmen. En outre, en 1992, le ministère taïwanais de la Défense avait déjà clairement délimité ces zones maritimes restreintes et interdites qui sont respectées jusqu’à présent. Il a affirmé : « Il s’agit d’un consensus auquel nous sommes parvenus par le passé. Les deux parties appliquent la règlementation pertinente dans cette zone selon les délimitations prévues. Nous continuerons à protéger ces zones maritimes, afin de maintenir la sécurité maritime et les droits et les intérêts des pêcheurs. »
Chen Chien-jen a appelé les deux parties à interdire aux bateaux de pêche et aux navires commerciaux illégaux d'entrer dans les eaux réglementées. Il a précisé que les garde-côtes taïwanais faisaient de leur mieux pour sauver les passagers lorsque des accidents se produisaient et que le chavirage du hors-bord chinois faisait toujours l’objet d’une enquête. Le Premier ministre a dit espérer que les deux rives du détroit de Taïwan maintiendraient la sécurité de cette zone de manière rationnelle, réciproque et coopérative.
Par ailleurs, le 18 février, des garde-côtes chinois sont montés à bord d’un bateau touristique taïwanais de Kinmen, semant le trouble parmi les touristes pendant une demi-heure. A cet égard, le ministre taïwanais de la Défense, Chiu Kuo-cheng (邱國正) a déclaré que cette affaire sera traitée par les garde-côtes taïwanais et que l’armée ne prendrait pas l’initiative d’intervenir, afin d’éviter d’envenimer le conflit.